jeudi 22 octobre 2009 à 15h19
CDO de KBC : l'Etat belge investit-il vraiment «éthique» ?

CDO de KBC : l'Etat belge investit-il vraiment «éthique» ?
Les entreprises commerciales comme Van de Velde, Galapagos et [Jan De Nul] ne sont pas les seules à avoir investi dans les [Collateralized Debt Obligations de KBC]. Le secteur non marchand a lui aussi été touché par la forte dépréciation de ces produits financiers à risque, rapporte jeudi De Tijd.
L'exemple le plus frappant est le Fonds de l'économie sociale et durable, une initiative du gouvernement fédéral visant à octroyer des crédits afin de stimuler des projets dans ce domaine. Le fonds a placé 25,5 millions d'euros dans les CDO de KBC. Or, l'instance a été mise en liquidation voici quelques semaines, en raison des mauvais résultats comptables...
Le gouvernement fédéral avait autorité sur ce fonds via le holding FPIM, et a donc lui-même été (indirectement) touché par les crédits structurés de KBC. Et ce, alors que l'Etat avait tenté à plusieurs reprises de lancer une [bouée de sauvetage au bancassureur en raison de ses déboires avec les CDO] ! D'autres acteurs du secteur non marchand ont également investi dans les placements toxiques de KBC. Il s'agit notamment du fonds des maladies de la Mutualité chrétienne, pour «quelques millions d'euros».
Les autorités publiques belges en font moins pour l'«investissement socialement responsable» (ISR) qu'elles ne le voudraient. Plus d'information de meilleure qualité sur les possibilités de l'ISR et une norme pour distinguer les produits bancaires ISR les inciteraient clairement à aller de l'avant, selon une [enquête menée par Netwerk Vlaanderen et le Réseau Financement Alternatif sur la gestion éthique de l'argent public belge].
Les deux organismes disent avoir interrogé les autorités fédérales, régionales, provinciales et communales sur leurs comportements en termes d'investissement. Leur étude identifie «quatre organismes régionaux et quatre fédéraux qui investissent leurs réserves de trésorerie selon des critères sociaux, environnementaux ou éthiques (SEE) : au niveau fédéral, le Fonds de l'économie sociale et durable, la Loterie nationale, le Fonds de réduction du coût global de l'énergie (FRCE) et la caisse de retraite du Sénat ; au niveau régional, quatre fonds de la Région flamande, soit le Fonds pour l'avenir, le Fonds d'épargne flamand du secteur non marchand / social à but lucratif, le Fonds flamand d'assurance soins et la Société flamande de participation.»
Soulignons la présence, dans l'étude Netwerk Vlaanderen/Réseau Financement Alternatif, du Fonds de l'économie sociale et durable, celui-là même qui a investi 25,5 millions d'euros dans les CDO de KBC... L'étude, il est vrai, a été bien sûr menée avant la publication de l'information du Tijd.
Toujours pour le Fonds, cette étude précise que, «sur un total de bilan de 78,4 millions, 26,2 millions étaient investis dans des titres financiers en faveur de l'économie sociale et durable et 24,9 millions dans des fonds aux critères SEE. Selon le rapport annuel (Ndlr, du Fonds), le solde était placé dans des produits sans label éthique ou est resté liquide. Le rapport annuel indique que ces liquidités ont, entre autres, été réservées pour répondre aux demandes de financement approuvées qui n'ont pas encore été (entièrement) libérées.»
Si l'on soustrait les deux montants investis «durablement et éthiquement» du total du bilan, cela laisse en fait 27,3 millions d'euros. La proportion des CDO de KBC dans le total investi «sans label éthique» par le Fonds paraît, dans ce cadre, considérable, puisqu'il s'agit de la quasi-totalité de ce montant.
Quelque 6 % des communes belges (plus d'un quart des communes qui ont participé à l'enquête) dit placer de l'argent public dans des produits d'épargne ou de placement utilisant des critères SEE, indiquent encore les deux organismes : «22 des 47 produits dans lesquels les communes investissent sont des comptes d'épargne ou à terme. Dans la plupart des cas, ces comptes sont ouverts à la Banque Triodos. Dans quelques cas, il s'agit du compte Cigale de la banque BNP Paribas Fortis.»
Quand les communes investissent leur argent dans des fonds durables, il s'agit surtout de fonds «mixtes» ou de fonds «monétaires» : «La plupart des communes s'adressent alors à Dexia. BNP Paribas Fortis et KBC sont aussi cités comme partenaires bancaires, de même qu'ING et Ethias dans une moindre mesure.»
Trends.be
Réagir
Attention: Il n'est pas possible de réagir de manière anonyme. Votre nom d'utilisateur apparaîtra au-dessus de votre réaction.
Pour pouvoir placer une réaction, vous devez être enregistré :

Even geduld a.u.b.

