lundi 19 octobre 2009 à 09h31
DSB Bank : quid de la Belgique après la faillite ?

DSB Bank : quid de la Belgique après la faillite ?
Le tribunal d'Amsterdam a prononcé la faillite de la banque néerlandaise DSB, a-t-on appris lundi matin. Selon le tribunal, il ressort des informations de la direction de DSB et des curateurs que les négociations avec le candidat américain ont échoué. «Le plan B ne semble pas viable car le soutien public exigé et la collaboration de la DNB, la banque centrale néerlandaise, n'ont pas été promis», indique-t-il dans une déclaration. Conclusion du tribunal : tout a été fait pour conserver DSB dans sa totalité mais «il n'y a désormais plus d'espoir. Le juge a donc prononcé la faillite de la banque DSB à 9 h.»
La faillite de la banque néerlandaise signifie la perte de leur emploi pour 1.300 travailleurs, 700 travailleurs gardant provisoirement leur emploi, indique le syndicat De Unie lundi. Le système de garantie des dépôts est entré en vigueur lundi à la suite de la faillite. DSB paiera encore elle-même les salaires d'octobre. Ceux de novembre, auxquels les travailleurs pourraient encore avoir droit suivant les termes de leur indemnité de licenciement, seront versés par une caisse d'allocation.
Le système de garantie des dépôts néerlandais est également entré en vigueur lundi matin pour les clients de DSB, a indiqué la banque centrale batave. Ce système indemnise à certaines conditions les sommes sur les comptes courants et d'épargne, pour un maximum de 100.000 euros par personne. L'objectif est, selon la DNB, de liquider la plupart des demandes d'ici Noël.
DSB est présent chez nous en tant que DSB Belgium, par le truchement du fournisseur et médiateur de crédit Silver Finance, actif dans le crédit à la consommation, ainsi que de la société de crédit Creafin, qui propose des crédits hypothécaires. Pas d'activités bancaires, donc. DSB Belgium occupe 46 personnes et dispose d'un portefeuille de crédit de 315 millions d'euros.
Silver Finance peut continuer à fonctionner de manière autonome : «Il n'y a pas de tension de liquidité et la continuité est assurée», assure la direction de DSB Belgique. Creafin est en revanche dépendante de la maison mère néerlandaise pour son financement. En raison de la faillite, Creafin est contraint de suspendre temporairement tous ses engagements mais contact est pris «avec la curatelle afin de chercher une solution».
DSB Belgique souligne que les clients de Silver Finance et Creafin doivent continuer à respecter leurs obligations contractuelles. «Rien ne change pour les contrats en cours, la gestion du portefeuille de crédit se poursuit normalement», ajoute la société dans un communiqué.
La direction belge a enfin désigné une banque d'affaires «afin de chercher des solutions à court et long terme». Plusieurs candidats-repreneurs se seraient déjà manifestés, a-t-on appris auprès de DSB Belgique. Avec, comme objectif, de réaliser un redémarrage rapide des activités en Belgique. Selon De Tijd, l'intérêt émane aussi bien de Belgique que de l'étranger.
DSB, au bord de la faillite après des retraits massifs, avait pourtant demandé une injection de capital de 100 millions d'euros à l'Etat néerlandais, rapportait dimanche l'agence de presse néerlandaise ANP en citant la direction : «Avec la conversion d'une partie importante des dépôts en participation (dans la banque) et une injection de capital de 100 millions d'euros par l'Etat, DSB peut redémarrer facilement», a indiquait alors la direction de la banque, citée par ANP. Le ministère des Finances n'était pas joignable dimanche soir.
Vendredi, un juge néerlandais avait en effet accordé un nouveau délai à DSB, lui donnant jusqu'à lundi matin pour trouver un acquéreur potentiel ou être déclarée en faillite. Un premier délai avait été accordé jeudi jusqu'à vendredi midi.
Les discussions engagées avec un acquéreur potentiel, un groupe américain, ont été interrompues dimanche, a indiqué Ronald Buwalda, directeur financier de DSB, à ANP. Spécialisée dans les crédits aux particuliers, DSB, qui emploie 2.000 personnes environ, avait été [placée le 12 octobre sous la protection du tribunal d'Amsterdam] à la demande de la DNB, la centrale néerlandaise.
Selon celle-ci, les clients de DSB ont retiré en une dizaine de jours quelque 600 millions d'euros, soit un sixième de ses dépôts, à la suite de l'appel lancé le 1er octobre par une association de défense des victimes du crédit immobilier.
Trends.be, avec Belga
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