vendredi 10 octobre 2008 à 11h05
Les actionnaires de Dexia favorisés par rapport à ceux de Fortis ?

Les actionnaires de Dexia favorisés par rapport à ceux de Fortis ?
Deux poids, deux mesures ? C'est l'impression qui se dégage des solutions trouvées pour sauver les banques Fortis puis Dexia. D'un côté, le premier groupe de bancassurance belge a été revendu en un week-end, vidant de sa substance la société Fortis, ex-fleuron du Bel20. Les actionnaires ne savent toujours pas ce qui adviendra de leurs titres: vaudra-t-il 2, 3 ou 4 euros? A tout le moins, ils savent qu'il n'y a plus de capacité de redressement du cours, puisque la BNP Paribas a racheté les actifs principaux. D'où les premières actions annoncées aux Pays-Bas, par Euroshareholder, une association réunissant des associations de défenses d'actionnaires. Et [un référé que prépare l'avocat Mischael Modrikamen], lequel vise à bloquer la revente à BNP Paribas.
Pour Dexia, les solutions trouvées sont très différente: le groupe n'a pas été découpé. Et les actionnaires principaux pèsent nettement plus lourd dans la balance. Côté belge, français et luxembourgeois, ils sont proches des gouvernements. Arco est privé, mais représente le mouvement ouvrier chrétien, bien représenté au gouvernement. Le Holding Communal représente des élus. Dans ce dossier, une solution très différente a été trouvée: Dexia n'a pas été revendu en vitesse, mais ses emprunts interbancaires sont soutenus par des garanties des états actionnaires. La solution est aussi disponible pour les autres grandes banques, dont Fortis, mais il faut en convenir, ce sera un peu tard pour éviter à cette dernière le sort qui lui a été réservé le week-end dernier. Résultat des courses: l'action de Dexia redémarre, et elle a l'avenir pour elle. Le titre peut bénéficier de l'évolution de l'entreprise.
Le seul bémol est la différence de situation entre Fortis et Dexia. La première cumulait les pertes dans les subprimes et le rachat trop coûteux d'ABN Amro, qui n'était pas totalement financé. La seconde est surtout affectée par les déboires de sa filiale américaine FSA. Et la question de fonds porte sur le rôle de l'Etat. Il a été le négociateur de la vente des actifs de Fortis alors qu'il n'était nullement actionnaire du groupe. Il était "seulement" actionnaire de la filiale bancaire belge à 49%. Et le conseil d'administration de Fortis a voté l'accord après qu'il ait été annoncé par Yves Leterme, le dimanche soir. Un gouvernement qui décide pour une banque privée?
De gros procès sont donc à prévoir. Toute la question sera de démontrer la nécessité de vendre d'urgence Fortis Banque et son cousin dans l'assurance, et l'absence de solutions alternatives, comme par exemple la garantie de l'Etat pour les emprunts sur le marché interbancaire (solution trouvée pour Dexia), ou une nationalisation en attendant des temps meilleurs. Les épargnants ont été sauvés. Pour le personnel, c'est moins clair. Pour les actionnaires, en tout cas, il aurait mieux valu acheter des actions Dexia.
Robert van Apeldoorn
Réagir
Attention: Il n'est pas possible de réagir de manière anonyme. Votre nom d'utilisateur apparaîtra au-dessus de votre réaction.
Pour pouvoir placer une réaction, vous devez être enregistré :

Even geduld a.u.b.

