20 mai 2009 à 08h12
Pourquoi les banques US se battent pour rembourser l'aide de l'Etat

Pourquoi les banques US se battent pour rembourser l'aide de l'Etat
La course au remboursement des aides du TARP, le plan de sauvetage de 700 milliards d'euros destiné à soutenir le secteur financier, se précise outre-Atlantique. Selon le Financial Times, 5 ou 6 banques américaines pourraient être autorisées à restituer par anticipation les sommes prêtées par l'Etat en 2008. Le Trésor et la FED devraient désigner les établissement concernées d'ici quelques semaines.
Goldman Sachs, American Express et JPMorgan Chase seraient presque assurés de faire partie des heureux élus après avoir que les « tests de résistance » imposés par l'administration américaine les ont dispensé de toute nouvelle recapitalisation. Selon Bloomberg, les trois groupes pourraient ainsi reverser quelque 45 milliards de dollars au gouvernement. Des fonds qui seraient immédiatement recyclés pour soutenir d'autres établissements bancaires.
De fait, depuis la publication des stress tests, le 7 mai, les grandes banques de Wall Street font feu de tout bois pour prouver qu'elles peuvent se passer de la garantie de l'Etat. Les levées de fonds se multiplient. Morgan Stanley a ainsi récupéré 4,5 milliards de dollars au cours du mois écoulé.
L'empressement des banques à rembourser leur dette auprès de l'Etat peut surprendre au vu des difficultés persistantes du secteur. American Express a ainsi été contraint à annoncer lundi un nouveau plan d'économie. Le Financial Times évoque une « ruée vers la sortie » du dispositif d'aide public, de la part de « prêteurs rivalisant pour pouvoir se vanter d'être le premier à rembourser ». Ce qui permettrait à ces pionniers de se distinguer des véritables canards boiteux.
Mais au delà de cette preuve supposée de santé susceptible de plaire aux investisseurs, les banques américaines souhaitent surtout se détacher d'une tutelle très encombrante. En souscrivant à des actions préférentielles convertibles en actions ordinaires, l'Etat américain s'est en effet assuré la possibilité à tout moment d'entrer au capital des géants de Wall Street et d'en prendre le contrôle. C'est par exemple ce qui s'est passé avec Citigroup qui a été nationalisée fin février à hauteur de 30%.
De plus, les banques espèrent échapper aux contreparties d'ores et déjà imposées dans le cadre du Tarp. A commencer par la limitation de la rémunération des dirigeants à 500.000 dollars par an - une des motifs majeures de remboursement anticipé, selon la presse anglo-saxonne. S'y ajoute la limitation des dividendes, l'interdiction des rachats d'actions et des opérations de croissance externe... la liste est longue. Et les banquiers craignent que les autorités n'y ajoutent des contraintes sur le versement des bonus, comme la polémique sur AIG a semblé l'annoncer. Ce qui les empêcherait de recruter les meilleurs éléments.
Enfin, se débarrasser au plus vite des actions préférentielles offre un avantage financier immédiat. Ces titres n'offrent aucun droit de vote mais, en contrepartie, elles rémunèrent mieux leur propriétaire. Leur remboursement anticipé permet donc de réduire le montant des divides versés à l'Etat. Lesquels se sont élevés à 2,5 milliards de dollars au premier trimestre, selon le Herald Tribune.
[L'Expansion.com]
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