mercredi 04 juin 2008 à 09h45
Belgacom : Bellens «lâché» par son conseil d'administration ?

Belgacom : Bellens «lâché» par son conseil d'administration ?
Didier Bellens continue de diviser, jusqu'au conseil d'administration de Belgacom. Ce dernier aurait, selon Le Soir, rendu un rapport d'avis à Inge Vervotte, ministre des Entreprises publiques, où il déconseillerait la reconduction de Bellens à son poste de CEO.
Les tensions avec le conseil d'administration de Belgacom sont certaines. Le conseil lui reproche de ne pas investir à l'étranger et de laisser passer des occasions d'investissement ou de partenariat. Didier Bellens a déployé une stratégie de développement belgo-belge, en misant sur les services aux entreprises avec le rachat de Telindus, en lançant Belgacom TV pour stopper la décrue des lignes fixes et en rachetant les 25 % détenus par Vodafone dans Proximus.
Le CEO a freiné des quatre fers face au conseil d'administration pour ouvrir des négociations de partenariat avec d'autres opérateurs comme KPN, ce qu'il estime inutile. Il a laissé passer des opportunités d'investissement à l'étranger qu'il juge trop chères, comme Cesky (opérateur télécoms tchèque).
Cela explique en partie la «dureté» du rapport du conseil d'administration. Il faut dire, en outre, que le temps presse. Le gouvernement, majoritaire dans le capital de Belgacom, devrait signifier au patron la non-reconduction de son contrat au plus tard le 31 août, soit six mois avant la fin de son contrat actuel. Et ce, afin d'éviter de lui verser la moindre indemnité. Passé ce délai, Didier Bellens empocherait la moitié de son salaire annuel brut (1,35 million d'euros).
Si l'Etat belge décide de se passer carrément de ses services d'ici le 1er mars 2009, ce sont 8 millions d'euros de [parachute doré] que le CEO percevra. Impossible à faire «avaler» aux contribuables-électeurs, déjà échaudés par le [salaire] et le parachute doré de Didier Bellens.
Didier Bellens, que l'on dit [candidat à sa propre succession], ne dispose réellement que du soutien du PS, souligne Le Soir : «Le CD&V serait prêt à le larguer et l'Open-VLD n'est guère plus enthousiaste. Au MR, on souhaite cependant que Didier Bellens soit évalué sur la base de critères objectifs et pas seulement sur des états d'âme. Mais les libéraux francophones se disent conscients que la polémique sur le salaire et le parachute doré du patron de Belgacom pèsera lourd dans la décision.» Trois noms de successeurs potentiels circulent déjà.
Philippe Vander Putten, tout d'abord. Le futur ex-patron de Brussels Airlines connaît la maison, puisqu'il a dirigé la division mobile de Belgacom, Proximus, avant de prendre la tête de la compagnie aérienne. «Mais rien n'indique que Philippe Vander Putten ait la volonté de reprendre le chemin du boulevard Albert II, écrit encore Le Soir. On le dit allergique aux étiquettes politiques.»
Alain Deneef, ensuite, le «papa» de l'ADSL en Belgique, avant de présider le conseil d'administration de la SNCB (sur le quota Ecolo).
Bert De Graeve, enfin. Cet ancien d'Alcatel Bell dirige aujourd'hui Bekaert, après un passage à la VRT. Problème : il est flamand. Or, les partis francophones pourraient tenir comme à la prunelle de leurs yeux à conserver un patron de leur «bord linguistique» à la tête de l'entreprise publique.
Dernière possibilité, selon Le Soir : un marchandage politique. «Un scénario passablement alambiqué prévoit qu'en échange d'un patron flamand pour Belgacom, les francophones recevraient un nouveau poste de commande à la SNCB.»
Vincent Degrez, avec Belga
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