jeudi 06 mars 2008 à 10h39
Didier Bellens a-t-il une chance de rester CEO de Belgacom ?

Didier Bellens a-t-il une chance de rester CEO de Belgacom ?
Didier Bellens est candidat à sa propre succession en mars 2009 au poste d'administrateur délégué de Belgacom. C'est ce qu'indique ce jeudi L'Echo, qui se base sur plusieurs sources. Entré en fonction en 2003, Didier Bellens, âgé de 52 ans, n'avait pas, jusqu'à il y a quelques mois, l'intention de postuler pour un deuxième mandat de CEO de Belgacom. Il semble avoir changé l'avis et mène actuellement des opérations de lobbying en vue de décrocher un second mandat. Il appartient au gouvernement fédéral de prolonger ou non celui-ci.
Le gouvernement souhaite trancher la question dès le mois d'août. Ses chances d'être reconduit sont minces, cependant. Didier Bellens est soutenu par les socialistes, mais il lui faut convaincre les libéraux, les catholiques du cdH et surtout les Flamands.
Les tensions avec le conseil d'administration de Belgacom ne facilitent pas les choses. Le conseil lui reproche de ne pas investir à l'étranger et de laisser passer des occasions d'investissement ou de partenariat. Didier Bellens a déployé une stratégie de développement belgo-belge, en misant sur les services aux entreprises avec le rachat de Telindus, en lançant Belgacom TV pour stopper la décrue des lignes fixes et en rachetant les 25 % détenus par Vodafone dans Proximus.
Le CEO a freiné des quatre fers face au conseil d'administration pour ouvrir des négociations de partenariat avec d'autres opérateurs comme KPN, ce qu'il estime inutile. Il a laissé passer des opportunités d'investissement à l'étranger qu'il juge trop chères, comme Cesky (opérateur télécoms tchèque).
Comme il est aujourd'hui en campagne électorale, Didier Bellens donne quelques gages. Belgacom vient de racheter le néerlandais Scarlet. Or, il ne s'agit pas vraiment d'une grosse acquisition à l'étranger, puisque la majorité des clients broadband de cet opérateur sont situés en Belgique. Le CEO a enfin créé une cellule pour étudier des acquisitions, notamment dans les pays émergents. Belgacom a ainsi débauché un analyste d'ING, Nicolas Saillez.
Qui d'autre pourrait lui succéder à la tête de Belgacom ? Les francophones potentiels - si l'on veut maintenir l'équilibre linguistique entre les grands postes des entreprises publiques - ne sont guère nombreux. De plus, Didier Bellens a plutôt bien réussi l'entrée en Bourse de l'opérateur historique et maintenu sa valeur.
Reste à voir si ces éléments suffiront face à son manque de talent dans ses contacts (ou l'absence de contacts) avec le monde politique, que son prédécesseur, John Goossens, maîtrisait nettement mieux.
Trends.be, avec Robert van Apeldoorn et Belga
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