mercredi 14 octobre 2009 à 14h03
Opel : après les Anglais, Magna cède aux Espagnols... et en Belgique ?

Opel : après les Anglais, Magna cède aux Espagnols... et en Belgique ?
[UPDATE] Les travailleurs des usines allemandes d'Opel ont trouvé un accord pour geler les salaires et réduire les bonus dans le cadre d'une réduction des coûts, ont précisé mercredi les syndicats d'Opel. L'accord permettra d'économiser 175 millions d'euros et ouvre la voie vers la reprise d'Opel par Magna. Cet accord prévoit notamment un gel des salaires jusqu'en 2011 et une réduction des primes de fin d'année et de vacances.
Magna doit présenter, mercredi, une nouvelle proposition aux syndicats de l'usine espagnole de Figueruelas, a-t-on appris mardi de source gouvernementale ibère, à l'issue d'une réunion entre Magna et l'exécutif. «Il y a une nouvelle proposition» de Magna, a confirmé un porte-parole du ministère de l'Industrie.
Hier mardi, une réunion s'est tenue à Madrid entre Magna, les syndicats, Miguel Sebastian (ministre socialiste de l'Industrie) et des représentants du gouvernement régional d'Aragon. Les syndicats ont toutefois quitté la table à la mi-journée, affirmant que Magna maintenait sa proposition initiale de délocaliser une partie de la production en Allemagne, ce qui était inacceptable pour eux. Le ministre et le gouvernement régional ont continué de négocier avec Magna pendant l'après-midi, débouchant sur cette nouvelle proposition.
L'objet de cette réunion était de négocier les projets de Magna pour l'usine espagnole d'Opel, à Figueruelas, près de Saragosse, qui emploie 7.000 personnes. Magna souhaite réduire le nombre d'emplois d'environ 1.300 et, surtout, délocaliser une partie de la production vers l'Allemagne, ce à quoi sont opposés les syndicats.
«Magna, sans données économiques claires, continue de dire qu'il est nécessaire de délocaliser à Eisenach (Ndlr, où se trouve déjà une usine du groupe) la production du modèle Corsa trois portes», ainsi qu'une partie de la production de pièces détachées, également vers l'Allemagne, dénonçait José Juan Arceiz, président du comité d'entreprise, au sortir de la première réunion. Ce projet de Magna continue d'avoir une forte composante politique, et nous avons demandé au gouvernement qu'il n'appuie pas ce plan.»
Un accord a été trouvé au Royaume-Uni avec les nouveaux propriétaires de Vauxhall, jumelle d'Opel dans le pays, garantissant le maintien des sites de production d'Ellesmere Port et Luton en échange d'économies (dont un gel dess salaires de deux ans), a indiqué mardi le syndicat Unite. De quoi dissiper l'incertitude sur ces deux usines qui emploient environ 5.500 personnes.
Les deux sites se verront garantir la sécurité de l'emploi jusqu'en 2013, a assuré l'un des coresponsables d'Unite, Tony Woodley, même si 600 emplois pourraient disparaître via des départs volontaires. Les syndicats avaient initialement craint que ce nombre monte à 1.200... Tony Woodley a remarqué «qu'après l'accord avec les salariés au Royaume-Uni, il fallait que chaque gouvernement européen concerné, y compris au Royaume-Uni, ne perde pas de temps à finaliser la contribution pécuniaire qu'il apportera à l'entreprise».
Peter Mandelson, ministre britannique du Commerce, a néanmoins indiqué qu'il restait «un peu de chemin» à parcourir avant un accord financier avec les repreneurs d'Opel et de Vauxhall, car il demande encore des «garanties» avant d'investir «l'argent du contribuable». Tout en se félicitant de l'accord obtenu entre Magna et les syndicats : «Il s'agit d'un bien meilleur résultat que le plan initial qui nous avait été présenté, qui n'était pas acceptable pour nous et que nous n'aurions pas financé.»
Ceci dit, «il reste encore un peu de chemin avant un accord sur le financement, et c'est là-dessus que les discussions continueront cette semaine. J'ai besoin d'être convaincu que les termes et conditions en seront du niveau que le gouvernement espère pour mettre l'argent du contribuable dans une entreprise comme celle-ci.»
Peter Mandelson a réaffirmé qu'il n'y aurait «pas de chèque en blanc» et qu'il voulait obtenir des garanties préalables, confirmant par ailleurs que le financement britannique pourrait s'élever à «des centaines de millions de livres sterling». Remarquant que les discussions impliquent aussi les gouvernements allemand, espagnol et polonais, il a estimé que c'était «assez compliqué mais qu'il serait sans doute possible de réaliser cet accord financier».
L'objectif de Magna est toujours d'avoir un accord global signé avec General Motors demain jeudi. La maison mère américaine vendrait 55 % des actions au groupe canadien et à la banque russe Sberbank, tout en se gardant une participation de 35 % dans Opel. Les 10 % restants iraient aux travailleurs d'Opel. GM et Magna signeraient cet accord sous réserve de l'approbation de la totalité de la garantie d'Etat.
Côté belge, direction et syndicats étudient conjointement les pistes qui permettront d'économiser 20,2 millions d'euros chaque année sur les frais de personnel de l'usine Opel d'Anvers, précisait lundi Rudi Kennes (FGTB). Cette déclaration d'intention doit devenir la base d'un accord sur cette réduction annuelle de coûts de 2010 à 2014 : «Cette réduction de coûts est liée à la réduction de 265 millions d'euros pour tous les sites d'Europe et est importante pour donner une chance à Anvers dans la nouvelle structure», a ajouté le syndicaliste.
Les deux parties sont liées jusqu'au 30 novembre pour fournir les modalités concrètes et prévoir des accords locaux. Cette déclaration d'intention sera signée dans les prochains jours par la direction, les syndicats et Magna.
Trends.be, avec Belga
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