jeudi 24 juillet 2008 à 09h29
Porsche reçoit le blanc-seing de l'Europe pour racheter VW

Porsche reçoit le blanc-seing de l'Europe pour racheter VW
La Commission européenne a donné mercredi son feu vert au projet de rachat de Volkswagen par le constructeur automobile Porsche. «Après avoir examiné l'opération, la Commission a conclu que l'opération n'entraverait pas de manière significative l'exercice d'une concurrence effective dans l'Espace économique européen (EEE) ou une partie substantielle de celui-ci», indique ainsi l'exécutif européen dans un communiqué.
Porsche, qui détient déjà 31 % de Volkswagen, entend prendre le contrôle d'au moins 50 % du groupe, une opération qui devrait être concrétisée d'ici à l'automne. Les deux constructeurs automobiles coopèrent déjà depuis de nombreuses années, notamment pour la création de véhicules utilitaires sportifs (SUV).
En juin 2008, Porsche a conclu un accord d'achat d'actions en vue de l'acquisition d'une tranche supplémentaire de 4,92 % du capital d'actions à droit de vote de Volkswagen. A l'issue de l'opération, Porsche sera à même de pouvoir exercer un contrôle de fait sur Volkswagen.
Si le dernier obstacle formel à une prise de contrôle est levé, le feuilleton Porsche-Volkswagen, entamé à l'automne 2005, est pourtant loin d'être fini. Car l'idée de voir passer le n° 1 automobile européen et ses 329.000 employés dans le giron du constructeur de Stuttgart fait grincer des dents en Allemagne.
En particulier dans le Land de Basse-Saxe, où est implanté VW et qui détient environ 20 % du capital de ce dernier. Depuis la privatisation du constructeur en 1960, une loi garantit à l'Etat régional une minorité de blocage, assurant de fait un contrôle public sur l'entreprise.
Cette «loi Volkswagen», défendue par le gouvernement allemand, a été toutefois condamnée en 2007 par la Cour européenne de justice, qui la juge contraire au droit de la concurrence. Et Porsche n'a pas manqué de la critiquer à de nombreuses reprises...
Berlin a, depuis, concocté une nouvelle mouture, censée satisfaire aux exigences de la Commission européenne tout en préservant le pouvoir de contrôle de la Basse-Saxe sur un des fleurons de l'industrie allemande. Volkswagen a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 109 milliards d'euros, contre 7 milliards d'euros pour Porsche (qui emploie 11.600 personnes) sur l'exercice décalé 2006-2007.
Le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall ne se réjouit pas non plus de cette situation, craignant des suppressions d'emplois en Allemagne. Une inquiétude injustifiée pour Porsche, qui assure vouloir investir à long terme dans VW.
Trends.be, avec Belga
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