05 juin 2009 à 11h00
Solvay : pourquoi sa pharma ne vaut plus 5,5 milliards

Solvay : pourquoi sa pharma ne vaut plus 5,5 milliards
Tout ne semble pas aller aussi bien qu'espéré pour la vente des activités pharmaceutiques du groupe Solvay. Alors que l'entreprise belge teste des options stratégiques pour améliorer la contribution de sa branche médicaments aux revenus du groupe, les prétendants au rachat ne sont pas bien nombreux. Au point que l'hypothèse du rachat risque de tourner court.
Novartis, Bayer et GSK sont sortis des enchères, déclarant que le prix était trop élevé, selon plusieurs sources. Outre le prix, Solvay Pharma ne constituerait pas non plus un business intéressant pour aucun des trois candidats avancés.
Mais, selon des informations de presse relayées par le bureau d'étude londonien mergermarket.com, AstraZeneca aura retrouvé quelque intérêt pour les branches cardiovasculaire et vaccin de Solvay Pharma après avoir appris que plus aucun autre prétendant ne semblait intéressé par un rachat.
«AstraZeneca a fait une offre sur les segments vaccins et cardio-vasculaires», a déclaré une première source, ajouant qu'AstraZeneca espère intégrer Solvay Biologics -qui produit le vaccin anti-grippe Influvac- dans son activité biologique Medimmune, laquelle vend le spray nasal Flumist. Un porte-parole de l'entreprise britannique n'a toutefois pas daigné commenter ces spéculations mais a reconfirmé qu'AstraZeneca était ouvert à l'intégration de produits qui pourraient s'insérer parfaitement dans ses activités. Le pipeline cardiovasculaire de Solvay Pharma comprend le médicament contre l'hypertension Teveten, le TriCor contre le cholestérol ainsi que l'Omacar qui réduit les risques de crise cardiaque.
Mark Van der Geest, analyste financier chez Fortis Bank Nederland, doute, pour sa part que «Solvay soit tenté de vendre deux de ses bijoux pour l'instant» et espère que le groupe belge opte plutôt pour une IPO. «Je n'exclus pas un candidat de dernière minute, comme ce fut le cas lors de l'acquisition de Organon BioSciences par Schering-Plough en 2007», écrit-il dans une note à ses clients. Mais étant donné le manque d'intérêt croissant pour le rachat de Solvay Pharma, Van der Geest a revu à la baisse la valorisation de cette division, faisant passer celle-ci de 5,5 milliards d'euros (scénario de désinvestissement) à 4,5 milliards d'euros (scénario du stand-alone).
Selon l'analyste, Solvay pourrait même annuler la vente. «Solvay n'est pas obligé de vendre», déclare-t-il, ajoutant que le groupe est peu susceptible de vendre la division pharma pour moins de 5 milliards d'euros.
Outre la vente directe, le groupe Solvay envisagerait également d'autres options telles qu'un partenariat stratégique ou encore une transaction sur les marchés financiers. Selon certaines sources, toutes ces hypothèses sont toujours sur la table.
Trends.be avec Belga
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