lundi 11 mai 2009 à 09h00
Vos journaux en ligne bientôt payants ?

Vos journaux en ligne bientôt payants ?
Le très décrié patron de presse australien, qui possède entre autres le Wall Street Journal, le New York Post, l'Australian, le Times britannique ou le Sun, envisage de faire payer la consultation en ligne «dans les douze prochains mois», en démarrant par les titres les moins fragilisés. «Nous sommes au coeur d'un débat décisif sur la valeur des contenus et il est devenu évident que, pour de nombreux journaux, le modèle actuel ne fonctionne pas», argumente Rupert Murdoch, âgé de 78 ans.
Le Wall Street Journal est déjà payant sur le Web mais il est probable que la décision du magnat australien de contrecarrer ce que font les autres et d'élargir cette pratique sera observée de très près par tous les patrons de presse tant aux Etats-Unis qu'en Europe.
C'est que l'idée de Rupert Murdoch va à l'encontre de la tendance actuelle de la presse en ligne. Après de nombreuses initiatives payantes, nombre de journaux proposent du contenu gratuit en ligne. Le pari derrière la gratuité ? Attirer les visiteurs et se financer avec la publicité. Mais voilà, la presse souffre particulièrement de la crise et les annonceurs se montrent parfois plus frileux. Résultat : la presse déjà égratignée par une baisse de son lectorat papier va mal. Le très célèbreNew York Times, par exemple, se trouve au bord du gouffre et [peine à contrer la crise] malgré d'innombrables mesures.
Murdoch n'est pourtant qu'un convaincu tardif, puisqu'il était encore contre cette idée avant d'acquérir le Wall Street Journal il y a deux ans. Mais il a, depuis, changé d'avis et, d'après plusieurs experts, c'est cette flexibilité qui fait sa force pour prendre la tête d'un mouvement de paiement des journaux sur internet appelé à s'étendre.
Les spécialistes restent toutefois divisés sur la question. «Quoiqu'on pense de Murdoch, c'est un homme d'affaire avisé, il sait quand un modèle économique a échoué», assure Ryan Chittum, qui écrit dans les pages financières de la revue de l'école de journalisme de Columbia à New York. Or, ajoute-t-il, «le modèle de la gratuité des journaux sur internet a échoué. Les revenus publicitaires ne sont pas au rendez-vous et ne le seront pas, et pour rester au même niveau de qualité journalistique, la presse va devoir trouver d'autres sources de revenus», insiste encore cet ancien du Wall Street Journal.
Dans la tourmente actuelle, aucun patron de presse ne peut contester ce constat partagé par Rupert Murdoch mais peu ont envie de faire payer les lecteurs, de peur que ceux-ci ne boudent le site de leur journal. «C'est risqué», confirme un spécialiste, tout en reconnaissant qu'il existe un débat vif sur la question dans la presse. Il rappelle l'échec des quotidiens comme le New York Times qui ont tenté d'offrir un service payant sur internet mais ont «vu s'effondrer le trafic sur leurs pages web». «Beaucoup de gens disent que le Wall Street Journal est un cas particulier en raison de la pertinence de ses informations pour le monde financier» qui fait que les hommes d'affaire sont prêts à en payer le prix, précise le spécialiste.
C.C. avec Belga
Réagir
Attention: Il n'est pas possible de réagir de manière anonyme. Votre nom d'utilisateur apparaîtra au-dessus de votre réaction.
Pour pouvoir placer une réaction, vous devez être enregistré :

Even geduld a.u.b.

