vendredi 16 octobre 2009 à 07h40
Vrai ou faux succès pour les éco-chèques ?

Vrai ou faux succès pour les éco-chèques ?
La Fedis s'y était férocement opposée. Et pourtant. Disponibles depuis le 1er juillet, l'engouement pour les éco-chèques serait bien réel. Du moins, c'est ce que laissent entendre Accor et Sodexo, les deux sociétés émettrices. Selon nos informations, plus de 1,3 million de travailleurs sont désormais susceptibles de bénéficier de cette décli- naison verte des chèques repas. Susceptibles ? Oui car les négociations sont toujours en cours. Si de plus en plus de secteurs comme la distribution, la métallurgie, la chimie, etc. disposent déjà d'une convention collective instaurant les chèques verts - ce qui explique le potentiel de travailleurs concernés -, chaque entreprise doit encore donner son feu vert pour que cet avantage à valeur ajoutée écologique atterrisse dans le portefeuille de leurs employés. Ce qui est loin d'être automatique puisque de nombreuses conventions offrent la possibilité aux entreprises de muer cet avantage vert... en chèque repas.
L'opposition manifestée par la Fédération des entreprises de distribution est-il l'autre risque qui plane sur le succès des éco-chèques ? On le sait, les sociétés émettrices veulent prélever une commission auprès des magasins revendeurs. Si le montant du prélèvement en pourcentage sur la valeur faciale reste confidentielle, il nous revient que tant Accor que Sodexo réclameraient entre 2 et 3 % par opération. Inadmissible pour la Fedis qui souhaiterait que le traitement des éco-chèques soit gratuit dans la grande distribution ou, au pire, soient taxés d'une somme forfaitaire de 2 cents par chèque. «Pourquoi Accor et Sodexo taxent-ils les éco-chèques alors que le traitement des chèques repas est gratuit ?, s'interroge Dominique Michel, administrateur délégué de la Fedis. Je ne souhaite pas qu'ils se paient sur la bête. En outre, ces chèques verts sont valables deux ans, cela signifie que les sociétés émettrices pourront dormir sur une man-ne d'argent frais.» En dépit des contre-propositions émises par Accor et Sodexo, les négociations sont aujourd'hui gelées.
Qu'importe. Les sociétés émettrices n'ont pas attendu le dégel pour négocier des accords au cas par cas avec les en-seignes. «On recense quelque 1.000 magasins comme Brico, Mr Bricolage, Hubo, Decathlon, Massive, Fnac, Voltis, etc., confie Marie Cordiez d'Accor Services. On est à la moitié du chemin car nous voulons atteindre 2.000 établissements en Belgique afin d'avoir un réseau optimal.» L'engouement des enseignes s'explique par la valeur des chèques. Celle-ci pourra être allouée à raison de 125 euros par année, maximum, voire 250 euros en 2010. C'est pourquoi les magasins se positionnent à l'avenant étant donné le budget potentiel. Même le secteur de la distribution, alléché par les retombées financières, a préféré faire la sourde oreille au mot d'ordre de la Fedis en signant une convention pour bénéficier de cette mesure...
Valéry Halloy
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