lundi 26 octobre 2009 à 11h20
«Facebook vise les 90% de publicités inaccessibles à Google !»

«Facebook vise les 90% de publicités inaccessibles à Google !»
Rien ne semble devoir arrêter Facebook. Le dernier bilan de santé du plus grand réseau social du monde le prouve encore : ses 300 millions d'utilisateurs passent près de 8 milliards de minutes par jour sur le site, publient 40 millions de mise à jour de leur statut, partagent 2 milliards de contenus par semaine avec leurs amis et téléchargent 2 milliards de photos par mois.
Un succès d'audience qui se traduit par une réussite commerciale. [Facebook est rentable depuis plusieurs mois] et enregistre une forte progression de son chiffre d'affaires malgré la crise. Pour faire face à sa croissance, la start-up de 250 salariés recrute à tour de bras et pourrait doubler sa masse salariale dès cette année.
Cette semaine, Facebook a annoncé deux partenariats majeurs, l'un avec son voisin de Palo Alto, Lala, pour vendre de la musique en ligne ; l'autre pour partager le flux d'informations de ses utilisateurs avec Bing, le moteur de recherche de Microsoft, qui avait investi voici deux ans 240 millions de dollars dans le site.
Retour sur ces annonces avec Sheryl Sandberg, chief operating officer de Facebook, croisée à l'occasion du sommet Web 2.0 à San Francisco.
Nous allons leur fournir un flux des données publiques (Ndlr, mises à jour de statut, photos, vidéos, etc.) de nos utilisateurs, qui apparaîtront ensuite dans leurs résultats de recherche. Ce flux sera gratuit car nous ne cherchons pas à faire de l'argent des données de nos utilisateurs.
Nous croyons fermement à une stratégie de partenariats mais n'avons rien à annoncer pour l'instant.
L'Internet est en train d'évoluer de l'âge de l'information, où je recherche anonymement de l'information, au Web social, où je suis moi-même et je communique avec mes vrais amis, avec qui je partage et je reçois de l'information en temps réel. Google continuera d'être important mais Facebook sera l'endroit où les utilisateurs recevront leur fil d'infos personnalisé et en temps réel.
Je pense qu'il est encore trop tôt pour dire si nous sommes concurrents. Nous avons chacun des produits qui fonctionnent ensemble. Par exemple, vous pouvez mettre à jour votre statut Facebook avec un tweet et inversement.
Si Twitter fait partie du même mouvement que Facebook, de cette information délivrée en temps réel et partagée instantanément, nos approches sont diamétralement opposées. Twitter est anonyme et est utilisé pour diffuser vers un large public, alors que Facebook repose sur votre véritable identité et vous permet de partager de l'information avec votre réseau, et non le monde entier. Twitter nous a appris qu'il y avait des gens qui étaient à l'aise pour partager leur vie privée avec un public plus large. Ce que vous pouvez désormais faire dans Facebook en modifiant les options de confidentialité de votre profil.
Je l'ai essayé - c'est normal, puisque cela fait parti de mon travail - mais j'ai dû écrire deux ou trois tweets tout au plus. Si je ne l'utilise pas, c'est parce que je ne tente pas d'exposer ma vie au monde entier, mais de la partager avec mes amis.
Facebook est rentable. Nous avons deux sources de revenus : la publicité et notre boutique virtuelle, où nous prélevons une commission sur la vente de biens virtuels achetés avec des crédits Facebook. Nous testons actuellement, avec certains partenaires, la possibilité d'utiliser ces crédits Facebook dans leurs applications.
Comme Google, nous voulons que nos publicités se fondent dans notre interface. En revanche, nous ciblons un marché publicitaire (640 milliards de dollars cette année) bien plus large que celui de Google.
Pour l'expliquer, je vais utiliser l'analogie marketing de l'entonnoir. Le haut de l'entonnoir représente les dépenses publicitaires nécessaires pour générer les ventes d'un produit inconnu du client potentiel ; le bas correspond à la vente directe, le lien sur Google sur lequel vous cliquez pour acheter le produit. Nous visons le haut de l'entonnoir, qui représente 90 % de ce marché publicitaire, alors que Google est limité aux 10 % restants. Vous comprenez maintenant le vrai potentiel de Facebook !
Propos recueillis par Jean-Baptiste Su, [L'Expansion.com]
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