mercredi 02 avril 2008 à 17h36
Les «cerveaux» quittent un Google trop généreux

Les «cerveaux» quittent un Google trop généreux
Douglas Merrill : ce nom ne vous dit sans doute rien. L'homme était pourtant une huile de chez Google, où il en était venu à exercer les fonctions de chief information officer et de vice president of engineering. Il vient de quitter le roi des moteurs de recherche pour un siège de president digital business chez EMI. Il commence sa nouvelle vie au sein de la major du disque le 28 avril prochain.
En soi, l'information n'a rien de fondamental. C'est plutôt la suite de départs qui frappent actuellement Google qui marque l'esprit. On peut presque parler de «fuite des cerveaux», tant les «Googlers» désertent la firme de Mountain View. Le magazine Wired ne recule en tout cas pas devant cette expression.
Alors, qu'est-ce qui ne tourne plus rond chez Google ? Les conditions de travail y sont pourtant réputées idylliques, ainsi qu'en témoigne ce [diaporama plutôt convaincant]. Les rémunérations y sont toujours excellentes, sans même parler du matelas de stock-options généreusement distribué aux cadres...
Selon les recruteurs, les patrons du géant high-tech ne peuvent d'ailleurs rien faire pour enrayer cette hémorragie. «Les Googlers pourraient tout aussi bien avoir des cibles dessinées sur le front !, sourit Eric Jaquith, chasseur de têtes à Atlanta, qui a déjà bossé pour Google (cité par Wired). C'est la nature même du recrutement qui veut cela : vous portez vos regards vers les entreprises qui ont réussi. Du coup, n'importe quelle société qui désire un succès à la Google sera tentée d'embaucher des salariés de Google.»
Google ne paierait-il donc pas assez ses employés ? Au contraire : c'est justement cette générosité qui, paradoxalement, pousse les Googlers à tenter l'aventure ailleurs. Selon Eric Jaquith, la plupart des paquets d'options offerts aux cadres portent sur quatre ou cinq ans. Une fois cette limite atteinte, il est naturel, pour leurs détenteurs, de chercher de nouveaux défis.
D'autant qu'avec le fruit de ces stock-options, leurs poches ont craqué sous le poids des billets verts. De quoi lancer leur propre start-up... Et Wired de citer quelques-uns de ces ex-Googlers : Gokul Rajaram, le «parrain d'AdSense», sur le point de lancer une start-up (pour le moment ultra-confidentielle) ; Louis Monier, Anna Patterson et Russell Power, qui travaillent sur un service de recherche baptisée Cuill (prononez «cool»), censé indexer le Web de manière plus économique que Google.
Sans oublier Sheryl Sandberg, vice-présidente de la division des ventes en ligne mondiales, qui annonçait début mars son départ pour Facebook La liste, déjà longue, [s'allonge de semaine en semaine]. Comme quoi l'excès nuit en tout, même en matière de générosité.
Vincent Degrez
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