vendredi 23 janvier 2009 à 10h57
Pourquoi Apple flambe, Google piétine et Microsoft plonge

Pourquoi Apple flambe, Google piétine et Microsoft plonge
Qui aurait cru qu'en pleine crise, la firme de Steve Jobs puisse annoncer des résultats historiques ? [Apple a une nouvelle fois dépassé les attentes] des analystes en annonçant un bénéfice net de 1,61 milliard de dollars pour le trimestre achevé fin décembre. Ce bénéfice est en hausse de 1,8 % sur celui de la même période de 2007.
«Même dans ces temps difficiles, nous sommes extrêmement contents d'annoncer notre meilleur chiffre d'affaires et nos meilleurs bénéfices trimestriels de l'histoire d'Apple», a commenté Steve Jobs dans un communiqué. Le chiffre d'affaires trimestriel du géant à la pomme a dépassé, pour la première fois, les 10 milliards de dollars pour atteindre 10,17 milliards.
Cet excellent résultat s'explique essentiellement par le succès du téléphone à écran tactile d'Apple. Les ventes de l'iPhone ont en effet progressé de 88 % par rapport à la même période l'année dernière. Il faut dire qu'en 2007 à la même époque, la version 3G du téléphone multifonctions d'Apple n'était pas encore sortie... De leur côté, les ventes d'ordinateurs Macintosh ont els aussi progressé : + 9 % en un an, tandis que celles des iPod croissaient de 3 %.
Google a annoncé jeudi une stagnation de son bénéfice net en 2008, à 4,22 milliards de dollars (+ 0,58 %), sous l'effet d'importantes dépréciations d'actifs. Sur le seul dernier trimestre, le bénéfice par action, hors éléments exceptionnels, a néanmoins dépassé largement les attentes : 5,10 dollars alors que les analystes n'en attendaient que 4,95 dollars.
Toutefois, si l'on prend en compte la dépréciation de 1,09 milliard de dollars de la valeur des investissements du groupe dans AOL et Clearwire, le bénéfice net de ces trois mois a chuté de plus de 68 %, à 382 millions de dollars. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net s'est établi à 1,62 milliard de dollar, supérieur à celui du quatrième trimestre 2007 (1,56 milliard). Le titre Google progressait de 0,48 % à 307,50 dollars dans les échanges électroniques suivant la fermeture de la Bourse et la publication de ces résultats.
«Google a enregistré de bons résultats au quatrième trimestre, malgré un climat économique de plus en plus difficile, a souligné Eric Schmidt, CEO du groupe, dans un communiqué. La croissance des recherches a été solide, les recettes sont en hausse dans la plupart des catégories et nous avons réussi à contenir les coûts.» Le chiffre d'affaires trimestriel a progressé de 18 %, à 5,7 milliards de dollars, bien au-delà des 4,12 milliards attendus par le marché.
Gagné à son tour par la crise, Microsoft a annoncé jeudi le départ de 5.000 employés, en réaction à une baisse de ses bénéfices plus prononcée qu'escompté. «Nous ne sommes pas immunisés contre les effets de la dégradation de l'économie», a reconnu Steve Ballmer, CEO du géant des logiciels, dans un communiqué. Il a assuré que les départs seraient partiellement compensés par des embauches pour aboutir à des suppressions nettes de 2.000 à 3.000 emplois dans les 18 mois à venir. Quelque 1.400 salariés devaient quitter leurs fonctions dès jeudi.
Cette annonce coïncide avec celle d'un déclin de 11 % du bénéfice net du groupe pour ses trois mois d'activité allant d'octobre à décembre, à 4,17 milliards de dollars. Les investisseurs ont aussitôt sanctionné le titre, qui plongeait de 10,53 % à 17,35 dollars vers 17 h 30 GMT jeudi.
«Avec les tendances que nous observions, rien de tout cela n'est une grande surprise - et ce n'est pas joli, pas du tout», a commenté l'analyste Jon Ogg sur le site [247wallst.com]. Le cabinet de ressources humaines Challenger, Gray & Christmas soulignait de son côté qu'il s'agissait de «la première annonce de licenciements de cette envergure dans l'histoire» du groupe fondé par Bill Gates.
http://www.247wallst.com/
Microsoft, qui comptait jusqu'à présent 91.000 employés, avait pris l'habitude d'accroître ses effectifs de 15 % par an ces dernières années. «Cette annonce est une preuve supplémentaire de l'impact croissant de la récession sur le secteur technologique, qui avait d'abord paru moins vulnérable», souligne encore Challenger. La veille, le n° 1 mondial des microprocesseurs, l'américain Intel, avait également annoncé une chute de ses bénéfices (- 24 %) et des fermetures d'usines qui toucheront de 5.000 à 6.000 personnes.
Microsoft est confronté au ralentissement des ventes d'ordinateurs, qui pèse sur son cœur de métier : ses ventes de logiciels et systèmes d'exploitation. «Les ventes de PC ont stagné», a souligné Chris Liddell, directeur financier du groupe, alors qu'il y a quelques mois encore, le colosse de Redmond tablait sur une croissance de l'ordre de 10 % à 12 %.
Ajoutant à la sinistrose, Steve Ballmer a souligné que ses hypothèses de travail ne tablaient «pas sur un rebond rapide». Après avoir revu à la baisse ses prévisions annuelles en octobre, Microsoft a annoncé jeudi qu'il renonçait désormais à avancer des pronostics «en raison de la volatilité des conditions du marché». Pour le deuxième trimestre de son exercice décalé 2008/2009, Microsoft a vu son chiffre d'affaires atteindre 16,63 milliards de dollars, en hausse de 2 % par rapport au dernier trimestre 2007, alors que les analystes attendaient 17,08 milliards de dollars.
La principale activité de Microsoft, la vente de logiciels, a reculé de 8 %, en raison à la fois de la faiblesse du marché et de la pression sur les prix apportée par les mini-ordinateurs (netbooks). Les services en ligne, (moteur de recherche, publicité sur l'Internet, etc.) ont continué à grever les comptes. Cette division a presque doublé ses pertes opérationnelles en un an, à 471 millions de dollars. Chris Liddell s'est toutefois félicité de la croissance de 7 % des recettes publicitaires sur l'Internet et confirmé que cette activité restait un axe de développement prioritaire.
Trends.be, avec Belga
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