17 avril 2008 à 11h58
L'Allemagne teste les biocarburants au bois. Scepticisme...

L'Allemagne teste les biocarburants au bois. Scepticisme...
La chancelière allemande Angela Merkel inaugure ce jeudi la première raffinerie au monde de biocarburants de deuxième génération, qui ambitionne de produire annuellement quelque 18 millions de litres de biodiesel fabriqué à base de résidus de bois. Cette initiative a la bénédiction de grands industriels locaux comme Daimler et Volkswagen, et internationaux, comme Shell.
C'est la société Choren qui produira ce carburant à Fribourg. Pour sa production, il nécessitera trois à quatre fois moins de surface cultivée que ses prédécesseurs de première génération. Ainsi, ce biocarburant ne devrait plus être accusé d'affamer la planète en monopolisant les terres cultivables à son profit. Par ailleurs, ces biocarburants ne devraient pas poser de problème pour les moteurs.
Rappelons qu'il y a quelques semaines, l'Allemagne avait abandonné la production de biocarburants, notamment pour cause d'incompatibilité avec les moteurs. Beaucoup trop de voitures en Allemagne ne supportaient pas le carburant E10, et leurs propriétaires étaient obligés de se tourner vers de l'essence Super-Plus, beaucoup plus coûteux.
Le nouveau biocarburant peut être utilisé, selon Eckhard Dinjus, directeur de l'Institut de chimie technique de Karlsruhe, "immédiatement par n'importe quel type de véhicule, pur ou dilué".
Plusieurs experts sont désormais sceptiques. Ainsi, d'aucuns accusent ces nouvelles raffineries de coûter beaucoup trop cher. Frank Brünhing, de l'association allemande des biocarburants, lançait à l'AFP que "Choren voudrait construire [près de la frontière polonaise, NdlR] une usine d'une capacité de 200.000 tonnes, dont le coût est estimé à un milliard d'euros, contre 40 millions d'euros pour un site comparable au colza". Sans compter un problème de matières premières: "Le bois aussi est rare, il faudra en planter, prendre des terres"... D'autres préconisent d'attendre encore un peu pour repérer les problèmes techniques: "La deuxième génération des biocarburants sera mûre en 2012-2014 au mieux. Croire que cela peut aller plus vite est illusoire". Enfin, le prix de ces biocarburants de seconde génération ne serait pas forcément concurrentiel, le coût de production étant pour l'instant évalué à un euro le litre.
Trends.be, avec Belga
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