vendredi 13 février 2009 à 14h42
«La Région wallonne et la Communauté française sont au bord de la faillite»

«La Région wallonne et la Communauté française sont au bord de la faillite»
Les dotations fédérales aux pouvoirs fédérés seront moins importantes que prévus à cause de la crise, ce qui pourrait mener la Communauté française et la Région wallonne au bord de la faillite, s'inquiète Véronique Cornet, députée MR au Parlement wallon, dans les colonnes du journal Le Soir.
A l'automne, au moment de confectionner les budgets, on avait tablé sur une croissance de 1,2 %, alors qu'on annonce désormais une croissance négative de 1,9 %. Combiné à une inflation en baisse, cela pourrait signifier une diminution des recettes d'environ 200 millions d'euros pour la Région wallonne et de 400 millions pour la Communauté française, a calculé la députée MR. «On est loin de l'effort de 100 à 150 millions que Michel Daerden annonçait le week-end dernier !», dénonce-t-elle.
Pour Véronique Cornet, la Communauté et la Région sont au bord de la faillite... et ce n'est pas uniquement dû à la crise et à la révision des taux de croissance et d'inflation. La députée vise ainsi la manière dont Michel Daerden, ministre régional et communautaire du Budget, gère les deux entités depuis le début de la législature : «La Région wallonne a bénéficié d'une croissance des recettes de 1,32 milliard d'euros en cinq ans. C'est exceptionnel ! Les dépenses, elles, ont augmenté de 1,5 milliard. C'est de la négligence. On a joué à la cigale !»
Véronique Cornet dénonce le saupoudrage et le fait qu'«au lieu de se fixer quelques objectifs clairs, le gouvernement PS-cdH a voulu faire plaisir à tout le monde».
Au début du mois, Michel Daerden disait effectivement chercher entre 100 millions et 150 millions d'euros pour le budget 2009. C'est «l'année la plus difficile que je vais connaître depuis que je suis là», indiquait-il alors dans Le Soir. En novembre, le ministre avait pointé le fait qu'il avait créé, dans le budget 2009, une réserve équivalente à 1 % de croissance, soit 90 millions d'euros. Ce bas de laine était, début février déjà, épuisé. D'où les 100 millions à 150 millions nécessaires aux deux entités...
Michel Daerden n'évoquait alors pas de pistes d'économies, cependant, préférant inviter tous les ministres à réfléchir à des solutions. «Une chose est sûre : nous sommes en année électorale, je limiterai les dépenses de cabinet à cinq douzièmes de leur budget», avait-il malgré tout chiffré, tout en précisant que «croire qu'il ne faudra pas consentir d'effort, c'est se tromper. Lourdement.»
Et le ministre du Budget de conclure en estimant que le prochain gouvernement devra vraisemblablement renégocier la loi de financement : «Il faut la retoucher pour permettre au fédéral de retrouver de la marge.»
Trends.be, avec Belga
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