06 octobre 2008 à 10h03
Les Bourses dévissent à cause de la crise : que font les Etats ?

Les Bourses dévissent à cause de la crise : que font les Etats ?
Toutes les Bourses européennes ont ouvert en forte baisse lundi, dans le sillage de la dégringolade des places asiatiques, avec des plongeons de 4,04 % pour le Bel 20 à Bruxelles, de 4,95 % pour le CAC 40 à Paris, de 3,29 % pour le Dax à Francfort et de plus de 5 % pour le Footsie à Londres peu après l'ouverture.
La Bourse de Paris dégringolait ainsi à son plus bas niveau depuis janvier 2005, affolée, à l'instar des places asiatiques, par les nouveaux développements de la crise financière en Europe. A 9 h 08, l'indice français cédait 201,80 points à 3.878,95 points et perdait tout le bénéfice de sa forte hausse de vendredi (+ 2,96 %).
A Londres, le Footsie 100 perdait 5,02 % quelques minutes après l'ouverture, cédant 250,14 points à 4.730,11 points. Le Dax de Francfort a baissait à 5.606,07 points, largement entamé par l'action Hypo Real Estate, qui lâchait plus de 50 %. De son côté, l'indice vedette de la Bourse de Milan, le SP/Mib, a ouvert lundi en baisse de 3,45 %, à 25.025 points. Enfin, à Madrid, l'Ibex-35 perdait 4,1 % quelques minutes après l'ouverture, cédant 467,8 points à 10.950,7 points.
Pour les places de marché européennes, il est donc plus que temps que les nations prennent leurs responsabilités. Berlin, Vienne et Copenhague ont ainsi annoncé dimanche des garanties exceptionnelles pour les dépôts des particuliers, à la veille d'une réunion des argentiers de l'UE destinée à refaire leur unité face à la crise. Parallèlement, l'Allemagne a adopté un plan de sauvetage pour la quatrième banque du pays au bord de la faillite, pendant que la banque française [BNP Paribas prend le contrôle de Fortis] en Belgique et au Luxembourg.
Allemagne : «Nous disons aux épargnants que leurs placements sont sûrs : le gouvernement s'en porte garant», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, dans la foulée de l'annonce d'une garantie illimitée des comptes bancaires des particuliers, une mesure sans précédent en Allemagne.
Autriche : le gouvernement autrichien a emboîté le pas dimanche soir à son grand voisin en annonçant pour mercredi une augmentation de la garantie de l'Etat pour les dépôts bancaires et les produits d'épargne des particuliers. Wilhelm Molterer, ministre des Finances, a expliqué l'initiative par la nécessité «d'éviter une fuite des épargnants» autrichiens vers d'autres pays, notamment l'Allemagne.
Danemark : dimanche soir, le gouvernement danois et les banques ont à leur tour convenu d'un paquet d'aide pour assurer sans plafond les dépôts bancaires de la clientèle. Cela se fera, selon la chaîne TV2 News, via un fonds alimenté dans les deux années à venir par au moins 30 milliards de couronnes danoises (4 milliards d'euros) versés par les instituts financiers.
Royaume-Uni : les libéraux démocrates (opposition) ont appelé le gouvernement à suivre le mouvement.
Irlande : ces gestes hautement symboliques interviennent dans la foulée des mesures adoptées en cavalier seul le 30 septembre par Dublin, qui avait garanti les dépôts de six principales banques du pays, soit une somme d'au moins 400 milliards d'euros.
Après avoir réagi en ordre dispersé face à la crise financière, les ministres européens des Finances tenteront d'afficher un front commun lundi et mardi, dans le sillage du sommet des quatre pays de l'UE membres du G8 (France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni) tenu samedi à Paris.
La réunion mensuelle des 15 ministres des Finances de la zone euro, lundi à Luxembourg, puis celle des 27 ministres de l'UE mardi seront l'occasion de concrétiser l'engagement proclamé par les quatre plus grands pays de l'UE d'agir avec plus de cohérence face à la crise. Les ministres veulent tenter d'avancer sur l'amélioration de la régulation financière, en coordonnant mieux le travail des superviseurs nationaux dans l'assurance.
Il s'agira surtout de commencer à réfléchir aux mesures voulues samedi par les dirigeants invités par le président Nicolas Sarkozy. Ces pays se sont engagés à prendre «toutes les mesures nécessaires» pour «assurer la solidité et la stabilité» du système financier européen, sans toutefois évoquer un plan de sauvetage comme aux Etats-Unis.
Surtout, les dirigeants européens se sont mis d'accord pour dire que «l'application du Pacte de stabilité et de croissance devrait refléter les circonstances exceptionnelles que nous traversons, en application des règles du Pacte».
La réunion permettra aussi d'entendre les pays qui n'étaient pas invités à Paris. Pedro Solbes, ministre espagnol de l'Economie, a estimé que la solution à la crise devait être «européenne» et non «nationale». Fernando Teixeira dos Santos, son homologue portugais, a demandé que les conclusions du mini-sommet de Paris soient débattues par tous les Etats membres de l'UE.
Trends.be, avec Belga
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