Pourquoi Carrefour lance sa propre marque Discount

La crise est bonne pour le portefeuille des consommateurs, car, en général, elle se traduit par une guerre des prix. C'est exactement ce qui se passe en ce moment dans le secteur de la distribution, où Carrefour vient de dégainer l'arme des produits anticrise pour la rentrée. Constatant que les Belges se rendent de plus en plus chez des discounters comme Aldi, Lidl et Colruyt, le groupe français lance une [gamme de 200 produits de base à prix réduits
Attention, cependant. Pour la première fois, Carrefour assume sa stratégie de baisse des prix dans laquelle il a investi 50 millions d'euros, avec un conditionnement blanc, une mise en avant dans les supermarchés... et une grosse campagne de communication. Quand je dis «assume», je veux dire que Carrefour ne joue plus la carte défensive vis-à-vis des hard discounters, ce qui était le cas auparavant avec ses produits à prix doux, développés sous l'étendard «Produit N°1». Aujourd'hui, c'est bien sous le nom de «Carrefour Discount» que ces 200 produits à prix cassés seront labellisés.
Traduction : avec la marque «N°1», Carrefour visait uniquement la baisse des prix ; avec la marque «Carrefour Discount», l'idée est d'allier baisse des prix et recherche de la qualité. En d'autres termes, Carrefour relèvera les prix de produits similaires chaque semaine chez ses concurrents. Par exemple, si la teneur en fruits d'une confiture est de 50 %, Carrefour Discount s'alignera sur ce taux. En revanche, s'il constate une demande pour des confitures avec 30 % de fruits, Carrefour ne s'interdit pas de la commercialiser... mais pas sous sa marque.
En réalité, Carrefour n'a pas trop le choix. Le géant français souffre face à la concurrence, notamment celle des hard discounters. Pourtant, le paradoxe dans cette crise, c'est que la part de marché des Aldi et autres Lidl a un peu baissé : Colruyt a progressé, tandis que Delhaize et Carrefour se lancent eux aussi dans la course aux prix bas. Aujourd'hui, si l'on excepte le frais, on peut dire qu'un produit sur trois acheté en grande surface est un produit premier prix. Une tendance qui semble structurelle plus que conjoncturelle. C'est donc une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des consommateurs.
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